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MercadoLibre : sur les traces d'Amazon ?

#180 Notre analyse fondamentale du "Amazon latino-américain"

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MercadoLibre : sur les traces d’Amazon ?

Portée par une croissance exceptionnelle, l’action de MercadoLibre a progressé de plus de 6 100 % depuis son introduction en bourse en 2007, soutenue par la vision de son fondateur Marcos Galperin.

Considérée comme l’Amazon d’Amérique latine, MercadoLibre n’a cessé de se transformer ces dernières années, en élargissant son modèle bien au-delà du e-commerce, notamment vers la fintech et la publicité.

Pour autant, cette trajectoire n’a pas été linéaire. L’action a traversé plusieurs phases de forte volatilité, avec des corrections marquées, notamment en 2008 (près de –90 %) et en 2022 (plus de –70 %).

Dans cette analyse, nous vous proposons de revenir en détail sur l’histoire de MercadoLibre, son business model, ses avantages compétitifs, ainsi que les principaux risques, avant de conclure sur notre lecture de sa valorisation actuelle.

Histoire

Tout commence en août 1999 pour MercadoLibre. Dans un garage du quartier de Saavedra, à Buenos Aires, Marcos Galperin, un jeune entrepreneur, entouré d’une petite équipe de visionnaires, pose la première pierre de ce qui allait devenir un empire. Leur objectif ? Créer une marketplace pour l’Amérique latine sur le modèle d’eBay, dans une région où le commerce en ligne était presque inexistant.

En octobre de la même année, l’équipe parvient à sécuriser un premier financement de 7,6 millions de dollars. Mais dès mars 2000, tout ce capital est consommé et la société se retrouve au bord de la faillite. Une autre levée de fonds devient alors une question de survie.

En plein éclatement de la bulle internet, et alors que les investisseurs se retirent progressivement, Goldman Sachs accepte finalement de financer 46,5 millions de dollars en mai 2000, juste avant que les marchés de capitaux ne se ferment presque complètement pour l’Amérique latine pendant près d’une décennie. La société s’en sort de justesse avec un timing parfait.

C’est l’un de ces jeux où, si vous y jouez dix fois, vous en perdez neuf. Mais nous avons gagné.

Hernán Kazah, co-fondateur de MercadoLibre

Pendant que ses rivaux brûlaient leur trésorerie pour atteindre les 97 % de la population qui n'avaient pas encore Internet, Hernán Kazah a négocié avec Google pour acheter l'intégralité de leur trafic en Amérique latine, ciblant ainsi uniquement les 3% de la population déjà connectés, pour un coût dérisoire. C’est grâce à cette discipline que MercadoLibre est restée debout, là où plus de 80 autres sociétés ont échoué.

En 2001, eBay, géant mondial des enchères en ligne, souhaite s’étendre et vient d’acquérir iBazar, une société européenne présente au Brésil. Cela place eBay en concurrence directe avec MercadoLibre sur son marché le plus important. Plutôt que de se lancer dans une guerre coûteuse, les deux entreprises optent pour un partenariat.

L’accord conclu en 2001 permet à MercadoLibre de récupérer les opérations brésiliennes d’iBazar. En échange, eBay reçoit 19,5 % des actions de MercadoLibre et s’engage à ne pas concurrencer la société en Amérique latine pendant cinq ans, jusqu’en septembre 2006. Cette trêve offre à MercadoLibre la possibilité de se développer sans affronter les ressources financières démesurées du géant américain.

La collaboration portera ses fruits. En 2005, lorsque MercadoLibre souhaite racheter son rival DeRemate, eBay finance l’opération via un prêt garanti de 12 millions de dollars. Au-delà des capitaux, l’entrée d’eBay au capital apporte un transfert précieux de savoir-faire.

Mais la leçon la plus importante est paradoxale, c’est celle de la complaisance. En observant les dirigeants d’eBay, les fondateurs de MercadoLibre remarquent leur perte d’agilité. Fort de sa position dominante, le géant américain a perdu sa “faim”, laissant Amazon prendre le relais. Cette observation explique en grande partie l’hyper-diversification de MercadoLibre, qui multiplie les relais de croissance pour ne jamais dépendre uniquement de son métier de base.

Ironie de l’histoire, c’est la veille d’une nouvelle crise financière que MercadoLibre lève de nouveau des fonds, cette fois lors de son introduction en Bourse. Le 9 août 2007, MELI (ticker de MercadoLibre) entre sur le NASDAQ, devenant la première entreprise technologique d’Amérique latine cotée aux États-Unis. Cette IPO permet au groupe de diversifier ses activités.

En 2025, presque 20 ans plus tard, MercadoLibre est la seule société latino-américaine à figurer dans le TIME100 Most Influential Companies comme “Titan”, aux côtés des plus grandes entreprises technologiques mondiales, avec une capitalisation dépassant les 130 milliards de dollars.

Et c’est précisément à ce sommet qu’un changement d’ère se produit. Le 1er janvier 2026, Marcos Galperin quitte son poste de CEO, lui qui avait tout fondé dans un garage et survécu à la bulle internet, à la crise des subprimes et à une pandémie. Il passe le relais à Ariel Szarfsztejn, ancien responsable du commerce.

Ariel Szarfsztejn (à gauche) et Marcos Galperin (à droite)

Galperin explique vouloir se concentrer sur la stratégie long terme, l’allocation du capital, la culture d’entreprise et l’innovation dans l’IA. Il reste impliqué et détient toujours environ 7 % du capital via le Galperin Trust, une transition qui lui retire la charge opérationnelle tout en préservant son influence sur les orientations stratégiques de l’entreprise qu’il a fondée.

Activités de MercadoLibre

Si MercadoLibre existe, c’est parce que l’Amérique latine est un continent où reproduire le modèle d’Amazon est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Le groupe est présent dans 18 pays de la région, soit environ 650 millions de personnes.

Cependant, malgré son potentiel, cette région est très fragmentée et surtout inégale en termes d’infrastructures. Dans un tel contexte, un site e-commerce ne réussit pas simplement grâce à un large catalogue, mais parce qu’il sait rendre l’achat fiable et simple. 

La particularité de l’Amérique latine est d’être à la fois en retard sur certains aspects du retail et très avancée sur les usages numériques. Reuters souligne que 84 % des transactions e-commerce se font sur smartphone et que la croissance est surtout portée par la rapidité de livraison et la clarté des prix et des politiques commerciales.

Pour mettre les choses en perspective, aux États-Unis, le e-commerce représente environ 15 à 20 % du commerce de détail total. En Chine, cette part monte à 25 %. En Amérique latine, selon McKinsey, elle se situe entre 8 % et 12 % selon les pays, avec de fortes disparités régionales. Cela signifie que le commerce en ligne dans la région pèse environ la moitié de ce qu’il représente dans les marchés développés, offrant un potentiel d’expansion considérable.

Source : McKinsey

Plusieurs facteurs tels que l’accès limité à internet, les moyens financiers restreints ou la faible bancarisation de la population expliquent ce retard. Par exemple, seulement 70 % des Latino-Américains possèdent un compte bancaire, contre 94 % aux États-Unis. Surtout, tous les marchés sont différents. Au Brésil, 86 % de la population est bancarisée, contre seulement 24 % au Nicaragua et 38 % au Guatemala.

Ces disparités se reflètent dans le chiffre d’affaires de MercadoLibre. Bien que présent dans 18 pays, le Brésil, l’Argentine et le Mexique ont généré 96 % des revenus totaux de l’entreprise en 2025. Nous reviendrons sur cette répartition géographique plus en détail dans la suite de cette analyse.

Répartition géographique - Exercice 2025

Aujourd’hui, MercadoLibre est la première plateforme de commerce et de fintech en Amérique latine. Cette domination repose sur un modèle réunissant de nombreuses activités qu’on peut regrouper en 4 segments 👇

  1. Services de commerce (44%) : Ce segment regroupe les revenus générés par l'écosystème de vente tiers. Il inclut les commissions de courtage sur chaque transaction, les revenus de la solution logistique Mercado Envios, la régie publicitaire (Mercado Ads) ainsi que les solutions de création de boutiques en ligne personnalisées (Mercado Shops).

  2. Fintech (24%) : Ce pôle englobe l'ensemble des services financiers de Mercado Pago. On y retrouve les revenus des portefeuilles numériques, les commissions sur l'utilisation des terminaux de paiement physiques, ainsi que la gestion d'actifs via Mercado Fondo, qui administre désormais un encours de près de 19 milliards de dollars.

  3. Crédit (20%) : Cette activité monétise le risque et la liquidité. Elle comprend l'émission de cartes de crédit, ainsi que l'octroi de lignes de financement destinées aux besoins en fonds de roulement des commerçants ainsi qu'aux besoins de consommation des particuliers.

  4. Ventes en direct (12%) : À l'inverse de la place de marché, MercadoLibre agit ici en tant que propriétaire du stock. L'entreprise achète, stocke et revend directement les produits aux clients. Si ce modèle permet de comptabiliser l'intégralité du prix de vente en chiffre d'affaires, il génère une marge opérationnelle nettement plus faible que les services.

Répartition de l’activité - Exercice 2025

Services de commerce

C’est sans doute l’activité la plus simple à comprendre, puisqu’on y retrouve des activités assez proches de celles d’Amazon :

  1. la marketplace (3P)

  2. Mercado Envíos pour la logistique

  3. Mercado Ads qui connaît une forte croissance

  4. À cela s’ajoute Mercado Shops, une solution proche de Shopify, qui permet aux marchands de créer leur propre boutique en ligne tout en restant intégrés à l’écosystème MercadoLibre.

Sur les dernières années, cette branche a affiché une croissance proche de 40% annualisée. Évidemment, un ralentissement est attendu, mais la dynamique devrait rester soutenue, avec un rythme de croissance estimé entre 20 % et 25 % sur les trois prochaines années.

Maintenant que nous avons évoqué la vision d’ensemble, entrons dans le détail de chaque activité ⤵️

Marketplace

Au fil du temps, le groupe a construit une véritable infrastructure de commerce, où paiement, logistique et publicité sont intégrés dans une seule et même expérience. Cependant, la marketplace représente encore le coeur de l’activité de MercadoLibre.

Avant de poursuivre, il est important de bien distinguer deux modèles : la place de marché (3P) et la vente directe (1P).

Dans un modèle de place de marché (3P), la plateforme agit comme un intermédiaire. Elle met simplement à disposition son site à des vendeurs indépendants, qui fixent leurs prix et gèrent leurs stocks. En échange, la plateforme prélève une commission sur chaque vente.

À l’inverse, dans un modèle de vente directe, la plateforme agit comme un commerçant classique. Elle achète les produits auprès des fournisseurs, fixe les prix, gère les stocks et vend directement au client.

Pour mesurer l’ampleur de la marketplace, il est essentiel de regarder la GMV (Gross Merchandise Value), c’est-à-dire le volume d’affaires. En 2025, elle dépasse 65 milliards de dollars, contre 51 milliards en 2024, portée à la fois par la hausse des volumes et par une fréquence d’achat en progression.

Surtout, la plateforme a atteint une échelle impressionnante avec 121 millions d’acheteurs actifs en 2025. Sur ses principaux marchés, près d’un habitant sur cinq est un acheteur actif de la plateforme. À titre de comparaison, eBay en compte environ 135 millions, mais opère dans près de 190 pays.

Pour autant, le potentiel de croissance reste important. Contrairement à certaines plateformes asiatiques, le taux de pénétration du e-commerce en Amérique latine demeure encore relativement faible.

Dans le même temps, MercadoLibre continue de gagner en profondeur d’usage. Le nombre d’articles vendus progresse régulièrement, avec des utilisateurs qui achètent en moyenne une vingtaine de produits par an et dépensent environ ~500 dollars par an.

Rapporté au niveau de vie local, ce chiffre est significatif. En Amérique latine, le salaire mensuel médian se situe entre 300 et 500 dollars selon les pays. Cela signifie qu’un utilisateur actif consacre l’équivalent d’environ un mois de salaire par an à la plateforme.

La domination de la marketplace repose sur une forte concentration géographique autour de trois marchés clés. Le Brésil représente à lui seul près de 50 % des volumes, suivi du Mexique (25 %) et de l’Argentine (18 %), ne laissant qu’une part marginale aux autres pays de la région.

Pour transformer cette place de marché en un écosystème réellement incontournable, MercadoLibre a fait de la logistique le pilier central de sa stratégie de rétention. Or, une telle efficacité opérationnelle nécessite une masse critique d’utilisateurs, que l’entreprise a naturellement trouvée dans ces trois principaux marchés.

Mercado Envíos

En Amérique latine, MercadoLibre a longtemps été confrontée à un paradoxe simple. Pour développer sa marketplace, elle avait besoin d’une logistique fiable… qui n’existait pas. Plutôt que de subir cette contrainte, le groupe a fait le choix de la résoudre lui-même, en construisant progressivement sa propre infrastructure logistique à l’échelle du continent.

C’est ainsi qu’est née Mercado Envíos, une division qui couvre l’ensemble de la chaîne logistique, du stockage à la livraison finale, en passant par la préparation des commandes et la gestion des retours. Aujourd’hui, il s’agit probablement de l’actif le plus difficile à reproduire du groupe, et de l’un de ses principaux avantages concurrentiels.

Concrètement, le système repose sur une organisation où les produits transitent par des entrepôts, sont acheminés vers des centres de tri, puis distribués via un réseau terrestre et aérien. Par exemple, pour le réseau aérien, celui-ci s’appuie notamment sur une flotte opérée en partenariat avec des compagnies aériennes locales, comme GOL au Brésil ou TSM au Mexique, sous la marque Meli Air.

En parallèle, MercadoLibre a développé un réseau de points relais, les MELI Places, permettant aux vendeurs de déposer leurs colis et aux clients de récupérer ou retourner leurs commandes. Ce modèle est particulièrement adapté à des zones où les adresses sont parfois difficiles d’accès, et contribue à élargir l’accès au e-commerce.

Maîtriser cette infrastructure permet à MercadoLibre de contrôler des variables clés : la vitesse de livraison, la fiabilité, l’expérience client et ses coûts. Aujourd’hui, environ 75% des livraisons sont effectuées en moins de 48 heures, un niveau de service qui était difficilement envisageable il y a encore quelques années dans la région.

Dans ce contexte, la logistique devient un levier stratégique. Là où des frais de livraison élevés peuvent freiner, voire empêcher l’achat, MercadoLibre a fait le choix de subventionner une partie des coûts pour proposer des seuils de livraison gratuite relativement bas.

Ce choix pèse sur la rentabilité logistique, mais s’inscrit dans une logique plus long terme. En offrant une expérience de livraison compétitive, le groupe renforce l’attractivité de sa plateforme et fidélise à la fois les acheteurs et les vendeurs. Et surtout, la monétisation intervient sur d’autres briques de l’écosystème.

Mercado Ads

Lorsque vous rassemblez plus de 80 millions d’utilisateurs chaque trimestre, vous détenez un actif clé, leur attention. À l’image d’Amazon, le groupe a progressivement structuré une offre publicitaire intégrée à son écosystème. C’est ainsi qu’est née Mercado Ads.

L’offre s’est rapidement enrichie. Elle inclut aujourd’hui des annonces sponsorisées dans les résultats de recherche, des formats visuels pour les grandes marques, de la vidéo intégrée à la plateforme, ainsi que des campagnes diffusées en dehors de l’écosystème grâce aux données d’achat.

La vraie différence réside dans la nature de la donnée. Là où Google capte une intention de recherche et Meta des centres d’intérêt, MercadoLibre capte une intention d’achat. Cette donnée transactionnelle est, par nature, beaucoup plus actionnable pour les annonceurs. Être visible au moment où un utilisateur est prêt à acheter est bien plus efficace que de capter son attention lorsqu’il navigue sans intention précise.

Depuis son lancement en 2019, Mercado Ads connaît une croissance rapide, avec des revenus atteignant environ 1,5 milliard de dollars en 2025.

Aujourd’hui, la publicité représente encore une part relativement limitée du volume d’affaires de MercadoLibre, autour de 2,5 % du GMV, contre 5 % ou plus pour certains acteurs comparables comme Amazon ou Alibaba. Cela laisse entrevoir un potentiel de développement supplémentaire, et selon nous, d’ici 2028, Mercado Ads pourrait réaliser 4% de la GMV.

Mercado Play

Pour accélérer la croissance de son activité publicitaire, MercadoLibre a lancé Mercado Play, une plateforme de streaming 100 % gratuite.

Déployée initialement en 2023 au Mexique, en Argentine et au Chili, elle s’étend progressivement à l’ensemble des pays où le groupe est présent. Le concept est simple : pas d’abonnement, pas de carte bancaire. L’utilisateur ouvre l’application, choisit un contenu et le regarde gratuitement.

Contrairement à Netflix ou Disney+, Mercado Play ne cherche pas à proposer les derniers blockbusters, dont les droits sont extrêmement coûteux. La plateforme privilégie des contenus plus anciens, compatibles avec un modèle gratuit financé par la publicité.

Mercado utilise la Marketplace pour faire la publicité de Mercado Play

La traction est déjà visible. En janvier 2024, Mercado Play comptait environ 1 million d’utilisateurs mensuels. Dix-huit mois plus tard, ce chiffre atteint 6 millions, avec une trajectoire qui pourrait approcher les 10 millions d’ici fin 2025 selon nos estimations.

Par ailleurs, la plateforme a franchi un cap important en devenant accessible sur les téléviseurs connectés (Samsung, LG, Android TV, Google TV), devenant progressivement une véritable plateforme de streaming dans les foyers.

Cependant, la véritable force du modèle réside dans la qualité de la donnée. MercadoLibre possède une connaissance extrêmement fine de ses utilisateurs : leurs achats sur la marketplace, leurs paiements via Mercado Pago, leur localisation, leurs habitudes de consommation. Cela permet un ciblage publicitaire bien plus précis. Concrètement, un utilisateur ayant consulté un produit dans la journée pourra être exposé à une publicité pour ce même produit le soir, pendant son film.

Ce niveau de ciblage, basé sur des données transactionnelles réelles, reste largement inaccessible pour les médias traditionnels, et même relativement rare dans le streaming. Par conséquent, MercadoLibre peut monétiser son inventaire publicitaire à des niveaux plus élevés que la moyenne du marché.

Mercado Shops

L’idée de Mercado Shops est de permettre à un commerçant de créer sa propre boutique en ligne, tout en restant connecté à l’infrastructure de MercadoLibre. La solution est d’ailleurs pensée comme un complément à l’activité des vendeurs sur la marketplace.

En pratique, le vendeur dispose de sa vitrine, mais les briques clés (trafic, paiements, entrepôts et publicité) restent contrôlées par MercadoLibre. Pour le commerçant, l’avantage est énorme car il bénéficie d’un accès à une base de plus de 121 millions d’acheteurs actifs sur la plateforme et au plus puissant réseau logistique d’Amérique latine.

Si vous connaissez un peu l’e-commerce, la comparaison avec Shopify vient assez naturellement. Mais derrière cette apparente similarité, la logique est profondément différente.

Avec Shopify, le marchand possède un site indépendant et doit générer lui-même son trafic, via la publicité, le SEO ou les réseaux sociaux. Shopify fonctionne comme une plateforme SaaS, avec un abonnement auquel peuvent s’ajouter des frais supplémentaires si le marchand n’utilise pas Shopify Payments. Les conditions varient selon les pays, mais le modèle est celui d’un outil autonome que le vendeur doit ensuite alimenter lui-même avec du trafic.

Tarifs Shopify

En Amérique latine, Shopify est bien présent, mais reste marginal. La région représente environ 5 % de sa base de marchands, pour à peine 1 % de son chiffre d’affaires. Cette faible pénétration s’explique en grande partie par la complexité opérationnelle de la région. Dans cet environnement, proposer uniquement un site internet et une solution de paiement ne suffit pas.

C’est là que réside la différence fondamentale entre les deux modèles. Mercado Shops ne propose pas une boutique totalement autonome comme Shopify. Le vendeur dispose bien de sa propre vitrine, mais reste intégré à l’écosystème MercadoLibre, avec une connexion native à la marketplace, à Mercado Pago et à Envíos.

En corollaire, Mercado Shops ne retient pas les vendeurs par contrainte, mais par dépendance économique. La boutique paraît autonome, mais l’essentiel demeure ancré dans l’écosystème MercadoLibre.

Services financiers

Jusqu’ici, nous avons analysé l’écosystème retail de MercadoLibre. Mais une plateforme franchit un cap lorsqu’elle ne se contente plus de gérer des transactions… et qu’elle commence à contrôler les flux d’argent.

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Nous évoquons les autres activités, l’analyse financière, les avantages concurrentiels, les risques ainsi que la valorisation.

Loris & Abdallah

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