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Le retour du spatial en Bourse

Le retour du spatial en Bourse

Le retour du spatial en Bourse

#193 6 actions du secteur spatial à découvrir

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Le retour du spatial en Bourse

À côté de l’intelligence artificielle, une autre thématique connaît un fort engouement : le spatial. Pour cause, le secteur, longtemps réservé aux ambitions étatiques, entre progressivement dans une nouvelle ère grâce à la baisse drastique des coûts de lancement (divisés par près de 20 en deux décennies grâce à la réutilisation des lanceurs), l’explosion des usages civils et militaires, ainsi que l’essor grandissant des acteurs privés.

Cette transformation se matérialise déjà à travers plusieurs évolutions majeures. Starlink démocratise l’internet par satellite à grande échelle. Face à cette domination, Amazon accélère avec le projet Leo et ses récentes acquisitions dans le secteur.

En parallèle, le programme Artemis et le retour de l’homme sur la Lune se précisent. Mais le véritable catalyseur de fond sera probablement l’introduction en Bourse attendue de SpaceX, avec une valorisation évoquée autour de 1 500 milliards de dollars. Un tel événement pourrait attirer massivement l’attention des investisseurs sur l’ensemble des acteurs cotés du secteur spatial, qui ont déjà explosé ces deniers mois.

ETF Space vs S&P 500 sur 3 ans

Dans cette newsletter, nous vous proposons une présentation de 6 valeurs intéressantes du secteur ⤵️

1 - Rocket Lab

Si SpaceX reste le mastodonte du secteur avec plus de 165 lancements en 2025, sans même compter les vols d’essai, Rocket Lab devient progressivement un concurrent crédible avec 21 lancements réalisés sur l’année. Pour donner un ordre d’idée, Ariane, détenue par Airbus et Safran, n’a réalisé que 4 lancements commerciaux sur la période.

Contrairement à de nombreuses sociétés du secteur qui ont tenté de survivre uniquement grâce aux lancements, Rocket Lab sait que la vraie valeur se trouve dans les composants et les services associés. Sa petite fusée Electron est devenue une référence mondiale pour les petits satellites grâce à sa petite dimension. En effet, elle mesure seulement 18 mètres, contre près de 70 mètres pour une Falcon 9 de SpaceX.

Toutefois, la véritable force de Rocket Lab est ailleurs. L’entreprise conçoit également ses propres satellites avec la plateforme Photon, ses logiciels de vol ainsi que ses panneaux solaires. Cette intégration verticale lui permet de capter une part beaucoup plus importante de la valeur créée autour des missions spatiales.

Le véritable tournant pourrait arriver en 2026 avec Neutron, la nouvelle fusée de moyenne capacité du groupe. Conçue en fibre de carbone et entièrement réutilisable, elle vise directement le marché le plus en vogue du secteur : les constellations de satellites et les missions de défense nationale, un marché aujourd’hui largement dominé par SpaceX.

Le marché anticipe déjà en partie ce scénario. Rocket Lab est déjà valorisée autour de 75 milliards de dollars, signe que les investisseurs parient sur un changement d’échelle majeur au cours de la prochaine décennie.

Mais il faut aussi garder en tête la réalité actuelle des chiffres. Rocket Lab génère aujourd’hui environ 600 millions de dollars de chiffre d’affaires et reste encore déficitaire.

À près de 54 fois le chiffre d’affaires, on est donc très loin des standards de valorisation et de visibilité que nous apprécions habituellement chez Bourseko. Il faut accepter qu’il s’agit avant tout d’un dossier très spéculatif. Cela ne signifie pas qu’il est interdit d’y investir, mais simplement qu’il faut le faire avec une taille de position adaptée.

2 - AST Spacemobile

L’ambition d’AST SpaceMobile (ASTS) est de transformer le smartphone que vous avez déjà dans votre poche en téléphone satellite, sans modification matérielle ni application spécifique. C’est ce qu’on appelle le direct-to-device.

Le pari d’ASTS consiste à déployer en orbite basse de gigantesques antennes capables de fonctionner comme des relais cellulaires classiques, en utilisant directement les fréquences détenues par les opérateurs partenaires.

Dans cette course aux constellations satellitaires, la véritable barrière à l’entrée est avant tout commerciale. AST a déjà signé des partenariats avec plus de 50 opérateurs représentant près de 3 milliards d’abonnés, parmi lesquels AT&T, Verizon, Vodafone, Rakuten ou encore Saudi Telecom Company. Ces partenaires apportent leur spectre cellulaire, une ressource rare et réglementée qu’aucun concurrent ne peut dupliquer.

L’entreprise dispose aujourd’hui de 7 satellites en orbite et vise entre 45 et 60 satellites déployés d’ici fin 2026. Un objectif particulièrement ambitieux, suivi de très près par le marché, ce qui explique la forte volatilité du titre.

En parallèle, la concurrence s’intensifie. Starlink s’est allié à T-Mobile, Verizon teste également les solutions de Skylo, tandis qu’Amazon a récemment racheté Globalstar, qui fournit les services d’urgence satellite d’Apple.

Source : Le Monde

Aujourd’hui, AST SpaceMobile capitalise plus de 30 milliards de dollars pour seulement 71 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025 et environ 461 millions de pertes.

Cela étant dit, le marché regarde déjà l’avenir. L’entreprise affirme avoir sécurisé environ 1,2 milliard de dollars de revenus contractuellement engagés, un chiffre qui devrait progresser très vite, ce qui nourrit les attentes autour du dossier.

Il faut donc accepter qu’AST SpaceMobile reste aujourd’hui une valeur spéculative, dont la thèse d’investissement repose presque entièrement sur la capacité d’exécution du management. Mais si cette exécution est au rendez-vous, le potentiel pourrait être immense.

3 - MDA Space

MDA Space est un peu le “vendeur de pelles et pioches” de l’économie spatiale, avec un positionnement très différent des entreprises de lancement de fusées. Et même si son nom reste encore relativement peu connu du grand public, c’est pourtant l’entreprise canadienne derrière le célèbre Canadarm, le bras robotisé utilisé sur la Station Spatiale Internationale.

Depuis des décennies, MDA fait partie des leaders mondiaux de la robotique spatiale. Sans ce type de technologies, il serait quasiment impossible d’assembler des stations spatiales, de réparer des satellites ou encore de réaliser certaines opérations de ravitaillement complexes en orbite.

Aujourd’hui, l’entreprise travaille notamment sur Canadarm3 pour la future station orbitale lunaire de la NASA. Au-delà du prestige, ce contrat renforce surtout la position stratégique de MDA sur les prochaines décennies. De plus, le groupe a aussi compris qu’il ne suffisait plus de fabriquer des équipements uniques extrêmement coûteux. L’industrie spatiale évolue progressivement vers une logique d’industrialisation, avec des constellations de satellites produites en série.

C’est précisément sur ce point que MDA se renforce aujourd’hui. L’entreprise a notamment été choisie par Globalstar pour construire les satellites de secours utilisés par les iPhone d’Apple afin d’envoyer des SOS par satellite.

Répartition de l’activité - MDA Space

Aujourd’hui, MDA Space apparaît probablement comme l’un des dossiers les plus équilibrés du secteur spatial, combinant la stabilité des contrats gouvernementaux avec la montée en puissance des acteurs privés.

Leur carnet de commandes a explosé pour atteindre plusieurs milliards de dollars, porté par les contrats Apple/Globalstar et les missions lunaires. Et puis surtout, c’est un dossier qui est largement rentable, ce que nous apprécions au milieu de ces entreprises qui brûlent beaucoup de cash.

4 - Kratos Defense

Là où les géants de la défense comme Lockheed Martin ou Boeing ont historiquement construit des plateformes militaires extrêmement sophistiquées et coûteuses, Kratos Defense a fait un pari très différent, celui de “l’attritabilité”.

L’idée est de produire des systèmes suffisamment performants pour être utiles au combat, mais assez peu coûteux pour pouvoir être perdus sans provoquer une catastrophe financière ou stratégique. Contrairement aux drones de surveillance comme le Reaper, Kratos développe des drones de combat tactiques capables de voler aux côtés de chasseurs pilotés, des loyal wingmen.

Son drone Valkyrie illustre parfaitement cette philosophie. Avec un coût estimé entre 2 et 4 millions de dollars, il reste extrêmement abordable comparé à un F-35, dont le prix dépasse largement les 80 millions de dollars.

Drone Valkyrie avec deux F-35

Mais Kratos ne se limite pas à la défense aérienne. Le groupe cherche également à se positionner dans le spatial, avec une approche là aussi très orientée infrastructure critique.

Dans l’espace, Kratos construit notamment ce qu’on pourrait appeler le “cerveau au sol” des satellites. Historiquement, communiquer avec un satellite nécessitait des infrastructures extrêmement lourdes et coûteuses. Avec sa plateforme OpenSpace, Kratos cherche à virtualiser cette architecture.

Concrètement, au lieu d’acheter des équipements propriétaires valant plusieurs centaines de milliers voire millions de dollars, un opérateur peut désormais faire fonctionner son centre de contrôle satellite directement sur des infrastructures cloud comme AWS ou Azure.

L’entreprise est également très présente dans les technologies de détection et de surveillance spatiale. Contrairement aux télescopes optiques classiques, limités par la météo ou la luminosité, les systèmes de Kratos utilisent les fréquences radio pour détecter et suivre les satellites à partir de leurs émissions, quelles que soient les conditions atmosphériques.

Ce positionnement séduit particulièrement dans le contexte géopolitique actuel. Face à la montée des tensions militaires, de l’espionnage spatial et des guerres électroniques, les gouvernements privilégient progressivement une logique de “Mass over Complexity”, autrement dit la quantité plutôt que quelques plateformes extrêmement sophistiquées. Et c’est précisément sur ce changement de doctrine que Kratos se positionne.

Cela étant dit, même si l’entreprise est déjà rentable, il faut garder en tête que le marché valorise déjà fortement ce potentiel. À plus de 70 fois les bénéfices attendus, la valorisation reste particulièrement exigeante.

PER - Koyfin

5 - Planet Labs

Si les grands industriels du spatial développent des satellites coûtant parfois plusieurs centaines de millions d’euros, Planet Labs a pris une direction totalement opposée en appliquant une logique très Silicon Valley à l’espace.

Contrairement aux satellites traditionnels qui offrent des images très précises mais sur des zones limitées, Planet Labs déploie des constellations composées de centaines de micro-satellites appelés “Doves”, de la taille d’une boîte à chaussures.

Satellite Dove

Cette approche change complètement l’échelle d’observation. Là où les acteurs historiques ne peuvent revisiter une même zone qu’à intervalles relativement longs, Planet Labs est capable de scanner l’ensemble de la surface terrestre de manière quotidienne.

En outre, l’entreprise ne se limite pas à l’imagerie. Elle cherche à construire une sorte de “Bloomberg de la Terre”. Grâce à l’intelligence artificielle, ses données permettent par exemple de suivre le trafic maritime dans les ports, d’estimer les stocks de pétrole ou encore de mesurer l’évolution des récoltes agricoles à l’échelle mondiale.

L’objectif est de transformer l’imagerie satellitaire en une plateforme de données exploitable en continu, accessible via abonnement, aussi bien pour des entreprises que pour des organisations publiques ou des ONG.

Dans un monde où la transparence devient un enjeu stratégique, ce type d’information prend une importance croissante. Dans le conflit en Ukraine par exemple, les images satellites ont rendu visibles des mouvements militaires et des infrastructures qui auraient autrefois été difficiles à suivre. Cette capacité d’observation permanente devient ainsi un outil à la fois de souveraineté pour les États et de gestion du risque pour les entreprises.

Comme beaucoup d’acteurs du secteur, Planet Labs reste toutefois en phase de forte croissance et continue de brûler du cash pour financer à la fois son expansion et le renouvellement de sa constellation. De même, si le chiffre d'affaires progresse et que des contrats publics, notamment avec la NASA, assurent une base de revenus stable, l’entreprise n’est pas encore rentable.

6 - SpaceX

L’introduction en Bourse de SpaceX est devenue le serpent de mer de Wall Street. Entre la domination industrielle de l’entreprise et le prestige d’Elon Musk, le dossier alimente naturellement beaucoup d’attentes. Mais plusieurs éléments invitent clairement à la prudence du point de vue d’un investisseur particulier.

D’abord, la valorisation a déjà fortement progressé à chaque tour de table privé. À ces niveaux, le marché semble déjà intégrer un scénario très optimiste, avec peu de place pour les déceptions opérationnelles ou les retards d’exécution. La marge de sécurité apparaît donc particulièrement faible.

À cela s’ajoute ce qu’on pourrait appeler la “prime Musk”. SpaceX est une entreprise étroitement liée à la vision et à la capacité d’exécution de son fondateur. Cette concentration du pouvoir décisionnel, ainsi que les controverses potentielles qui peuvent l’accompagner, constitue un facteur de risque non négligeable. D’autant plus que l’entreprise dépend aussi, directement ou indirectement, de ses relations avec le gouvernement américain.

Sur le plan business, Starlink reste le principal moteur de croissance. Le potentiel est réel, avec un objectif de plusieurs dizaines de millions, voire 100 millions d’abonnés à long terme. Mais cette trajectoire n’est pas sans contraintes : saturation progressive des fréquences, intensification de la concurrence avec des acteurs comme Globalstar et ASTS... Autant de facteurs qui pourraient impacter la croissance.

En résumé, l’IPO de SpaceX sera sans doute l’un des événements majeurs de la décennie, mais elle pourrait arriver avec une valorisation telle qu’elle ressemble davantage à une fenêtre de liquidité pour les investisseurs historiques qu’à une véritable opportunité d’investissement pour les nouveaux entrants.

Nous publierons d’ailleurs une vidéo sur SpaceX dans les prochaines semaines pour aller plus en détail sur le dossier. N’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne YouTube pour ne pas la manquer.

Conclusion

Comme vous l’avez compris, nous sommes encore au tout début de l’industrie spatiale. On est davantage face à des entreprises en construction, souvent non rentables, qui cherchent à établir leurs avantages concurrentiels, que face à des acteurs matures, comme on peut l’observer dans l’aéronautique ou la défense.

Pour mesurer le niveau de risque, il suffit de regarder la volatilité de ces valeurs. On est clairement sur des dossiers très volatils, parfois proches de ce qu’on observe sur des actifs comme le Bitcoin, avec une volatilité annualisée autour de ~85%. Concrètement, une variation quotidienne de -4% ou +4% n’a rien d’inhabituel.

Dans cet environnement, il existe trois grandes approches selon le profil de risque 👇

  1. L’approche “Satellite” consiste à conserver une exposition limitée, de l’ordre de 2 à 3% d’un portefeuille actions, via des positions en direct, pour capter le potentiel de forte croissance de certaines valeurs.

  2. L’approche diversifiée repose sur des ETF thématiques, comme le VanEck Space Innovators, afin de réduire le risque spécifique à chaque entreprise tout en restant exposé à la dynamique globale du secteur.

  3. Enfin, l’approche “bon père de famille” consiste à s’exposer au spatial à travers des groupes industriels déjà rentables et établis. Des acteurs comme Airbus ou Safran permettent une exposition plus indirecte, où le spatial vient s’ajouter à une base d’activité plus solide.

Chez Bourseko, cette thématique est encore abordée avec une certaine distance, car elle s’éloigne de notre philosophie d’investissement. Nous investissons dans des entreprises déjà rentables, générant des flux de trésorerie et valorisées de manière raisonnable. Nous allons donc patienter plutôt que de chercher à anticiper un secteur encore en pleine construction, même si celui-ci reste incontestablement très intéressant et mérite d’être suivi de près dans les années à venir.

C’est tout pour cette newsletter.

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Loris & Abdallah

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